La « mer en débat », un débat détourné par la filière renouvelable ?

Communiqué de presse 

La « mer en débat », un débat détourné par la filière renouvelable ?

Nos associations de défense des côtes françaises participent actuellement au débat public « La mer en débat », organisé par la CNDP (Commission Nationale du Débat Public), organisme officiel.

Elles s’insurgent contre la place prise dans ce débat par le « lobby » des industriels éoliens (SER, France- Renouvelables) qui tend à se substituer aux pouvoirs publics : le flou est total entre maître d’ouvrage public, soit l’État garant de l’intérêt général, et le lobby industriel porteur d’intérêts particuliers.

La publication le 29 février par le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et France-Renouvelables de « 4 scénarios cartographiés pour mieux comprendre les enjeux de la planification » a été immédiatement relayée par la CNDP, alors que l’État maître d’ouvrage, a publié de façon parcellaire et uniquement sur certaines façades, ses propositions de maître d’ouvrage, et n’a toujours pas produit ses propositions pour la façade Nord Atlantique

– Manche Ouest (Bretagne, Vendée) pourtant annoncées depuis plusieurs mois.

Cette publication dans la rubrique Actualités du site officiel de la CNDP sous le titre « l’Atlas du débat » démontre un abandon de l’Etat au profit des développeurs privés sur le sujet de l’éolien en mer, dans son incapacité à produire le dossier du maître d’ouvrage qui est de sa responsabilité.

Par ailleurs, depuis plusieurs mois, le déséquilibre récurrent créé par des interventions quasi-exclusives des promoteurs de l’éolien en mer, le refus de poser les controverses, les biais observés dans l’animation des ateliers lors des réunions physiques ou en webinaires, sont la règle, ce qui est contraire aux principes de l’expression recherchée du public, et fausse tant la neutralité du débat que ses résultats. Où sont les Garants de la CNDP ?

Nous demandons que cette confusion des rôles cesse, que le Maître d’ouvrage assume ses responsabilités, et que les pouvoirs publics fassent la part entre l’intérêt public qu’ils représentent et celui particulier des associations professionnelles et corporatistes des industriels de l’éolien.

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Les défis de l’énergie éolienne en mer en Bretagne : entre ambitions et réalités 

Les  gardiens du large 

Communiqué de presse de la FED
Paris, le 19 février 2024. Pour diffusion immédiate         

Les défis de l’énergie éolienne en mer en Bretagne : entre ambitions et réalités   
           
Suite aux récents commentaires sur la politique énergétique de la région Bretagne, le président Loïg Chesnais-Girard a été interpellé par l’association Gardiens du large1   sur ses déclarations lors de la cérémonie des vœux aux Bretons de Bruxelles le 23 janvier dernier. Les médias ont rapporté les ambitions du président en matière d’énergie, notamment dans le domaine de l’éolien en mer, où la Bretagne aspire à devenir un leader en France.

Le président a exprimé son désir de poursuivre le développement de parcs éoliens en mer, malgré les difficultés rencontrées par certains projets. Il a notamment évoqué la construction du parc de Saint-Nazaire et de Saint-Brieuc comme des réussites, alors que de difficultés majeures ont été rencontrées par le parc de Saint-Nazaire en 2023. Beaucoup d’experts soulignent les défis techniques et financiers liés à l’éolien en mer, en particulier en ce qui concerne l’éolien flottant. Des questions non résolues persistent quant à la fiabilité et aux coûts de maintenance de ces installations

Pour toutes ces raisons de nombreuses voix s’élèvent aussi pour mettre en garde contre une transition énergétique précipitée vers des sources intermittentes, soulignant les défis d’intégration de ces énergies dans un système électrique centré sur le nucléaire et l’hydraulique. Des investissements massifs seraient nécessaires pour adapter les réseaux électriques et garantir la stabilité du système. Ce qui entrainera des coûts insupportables pour les consommateurs et les contribuables.      

Des nombreux dirigeants politiques craignent désormais une augmentation insupportable des factures d’électricité des ménages et beaucoup d’experts appellent à une réévaluation immédiate des choix énergétiques de la France, mettant en avant notamment les défis économiques et techniques liés à la transition vers l’éolien en mer.

Le président se trouve donc confronté à un choix crucial entre ses ambitions pour la région et les dures réalités économiques et techniques de la transition énergétique.    
           
La Bretagne aura besoin d’une vraie réflexion approfondie indépendante d’une politique à court terme, sur ses options énergétiques pour assurer un avenir durable et prospère.

Contact Presse  
Nathalie BEAUZEMONT
Administratrice de la Fédération Environnement Durable
Tél : 07 89 82 99 37

Gardiens du Large

6 rue Jules Ferry – 56170 Quiberon

contact@gardiensdularge.org       www.gardiensdularge.org

1) communiqué de presse de Gardiens du large

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Raccordement électrique

Création d’une servitude

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Les plus hautes éoliennes du territoire de Vienne et Gartempe en construction

Publié le 16/02/2024 à 16:22 | Mis à jour le 16/02/2024 à 18:42Les socles de béton sont en cours de finition au parc éolien de la Monti, à Moulismes.
© (Photo NR-CP)

Trois éoliennes de 200 m de haut sont en cours de construction à Moulismes dans le Sud-Vienne. Visite de chantier.

Une visite intermédiaire du chantier de construction de trois éoliennes au parc éolien de La Monti, à Moulismes, a été organisée mardi 13 février 2024 par Siméon Soulet, chef du projet de la société WPD Onshore France (Limoges) et Frédéric Lassalle, animateur environnement du CPIE de Lathus.

Opérationnelles avant la fin de l’année

« Deux socles de base, en béton, de 800 m3, couplés de barre de fer, sont déjà coulés et le troisième est en cours », explique Siméon Soulet. C’est dans un ballet de camions toupies que quelques visiteurs découvrent l’avancée des travaux. « Ces trois éoliennes feront 200 m de haut, les plus grandes sur le territoire de Vienne et Gartempe. Elles produiront chacune 4,2 MWh environ, une production annuelle équivalente à deux fois la consommation de la ville de Montmorillon à l’année », poursuit-il.

Le parc étant construit sur un important terrain dégagé, l’enjeu diversité est faible, selon les organisateurs de la visite. « Pour le moment, nous avons installé des barrières filtres pour empêcher les grenouilles de venir sur les retenues d’eau autour des socles de béton. Elles seront enlevées à la fin de la construction. »

> À LIRE AUSSI. Cartographie éolienne : le débat est relancé dans la Vienne

Le troisième socle terminé, le chantier aura un temps de latence jusqu’en juin prochain. Puis les éléments, pylônes et pales, arriveront en pièces détachées, le montage durera environ deux mois. « Les éoliennes seront opérationnelles avant la fin de l’année », annonce le chef de projet. :

Le réaménagement du territoire pensé avec les habitants

Des ateliers de concertation animés par Frédéric Lassalle, du CPIE de Lathus, ont été mis en place. Il s’agit de créer de la médiation entre les constructeurs et les habitants sur les projets de réaménagement du territoire. Ces ateliers portent aussi sur la valorisation des paysages, des bocages, du patrimoine autour des énergies de demain, sur les ressources disponibles… Le village est un point d’étape pour les voyageurs de la N147.

> À LIRE AUSSI. Sud-Vienne : Moulismes cherche à valoriser la commune

D’un point de vue environnemental, la question des risques pour les chauves-souris s’est posée. « Les éoliennes seront équipées de capteurs ultrasons qui permettront de moduler et ralentir la vitesse des pales en fonction de la présence de celles-ci », rassure Siméon Soulet. 

Le chantier étant dans les temps prévus, l’inauguration et la mise en route sont prévues avant la fin de l’année 2024.

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Lettre au Ministre de l’énergie: Demande d’un moratoire des projets de production d’énergies renouvelables intermittentes

Monsieur Roland Lescure

Ministre délégué, chargé de l’Industrie et de l’Energie Ministère de l’Economie,

Objet : Demande d’un moratoire des projets de production d’énergies renouvelables intermittentes

Monsieur le Ministre,

La Fédération Environnement Durable – FED – a pour objet la préservation de l’environnement, en particulier aujourd’hui face au déploiement des énergies renouvelables intermittentes. Elle regroupe sur tout le territoire 1600 associations ou fédérations locales. La FED est une association d’intérêt public agréée au niveau national pour la « défense de l’environnement ».

Suite à votre nomination, permettez-nous de vous adresser ci-joint notre évaluation globale de la politique énergétique suivie jusqu’à ce jour. Cet état des lieux tel que perçu par notre association interpelle tant le devenir énergétique du pays que sa souveraineté, la bonne utilisation des fonds publics et la préservation de l’environnement.

Nous tenons au préalable à préciser que la FED ne s’oppose en tant que telle à aucune forme de production d’énergie. Nous reconnaissons volontiers que les énergies renouvelables intermittentes ont toute leur place pour se substituer, en tant que de besoin et quand il y a du vent ou du soleil, aux énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre (GES), cela essentiellement dans les pays où la production de base pilotable repose sur des énergies fossiles.

Nous considérons surtout que, en France, le parc nucléaire, associé au grand hydraulique, est notre principal atout ; il a donné au pays une immense avance industrielle, anticipant même dès les années 80 les préoccupations de décarbonation du mix national, ce qu’on a nommé plus tardivement « transition énergétique ». Nous regrettons donc que par contournements successifs des traités fondateurs de l’UE, les instances de l’UE entendent imposer, au cas spécifique de la France, un schéma concurrent inadapté de transition énergétique, basé sur des moyens de production d’électricité intermittente.

Nous souhaitons souligner les aspects nocifs qu’induit ce schéma d’un gigantisme déraisonnable, sans augmentation notable de puissance électrique garantie ni de décarbonation: transfert économique de richesse vers l’étranger, utilisation massive de l’argent public pour subventionner des acteurs privés, privatisation du secteur de la production de l’électricité, menaces pour la souveraineté et fragilisation de la défense du territoire.

Nous nous adressons à vous dans l’espoir que vous reconnaitrez qu’un moratoire des projets de production d’énergies renouvelables intermittentes est nécessaire pour donner le temps à une sérieuse phase d’études préalables, transparentes et publiques, face au constat que font les français de l’augmentation de leur facture et d’une industrialisation précipitée des campagnes et des côtes littorales, sans prise en compte de la destruction des paysages et des graves atteintes à la biodiversité.

Des alternatives à la décarbonation existent sans passer obligatoirement par l’électrification des usages, plus efficaces, rapides, mieux acceptables par les Français, mais aussi moins dispendieuses pour l’argent public et surtout moins mortelles pour les espèces protégées.

En ce qui concerne l’environnement, le code français de l’environnement L. 122-4 et le droit européen (directive 2001/42/CE), stipulent que les projets et programmes d’ENRi doivent faire l’objet d’une évaluation environnementale préalable. Or cela n’est jamais le cas, qu’il s’agisse de projets individuels ou de programmes. De même pour les impacts socio-économiques.

Nous nous tenons à votre entière disposition pour tout échange et dans cette attente, nous vous prions d’agréer Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Nathalie Beauzemont Administratrice Fédération Environnement DurableJean-Louis Butré Président Fédération Environnement Durable

PJ : Evaluation globale de la politique énergétique suivie jusqu’à ce jour – FED – Janvier 2024

Fevrier 2024

A l’attention de MM les Ministres de l’Energie et Finances, des Armées et de l’Ecologie

EVALUATION GLOBALE DE LA POLITIQUE ENERGETIQUE SUIVIE JUSQU’A CE JOUR

FED – JANVIER 2024

————

Doublement en 2035, par des ENRi, de la puissance installée du parc français, pourtant déjà décarboné, sans augmentation notable de puissance garantie ni de décarbonation

Le ralliement de trop nombreux décideurs et de leur administration à la vision de l’Energiewende plaquée en France, en dépit des spécificités de son mix énergétique, est en train de prendre une dimension vertigineuse : le projet de Stratégie française pour l’Energie et le Climat (SFEC 2023, page 19) propose, d’ici à 2035, de développer une capacité électrique intermittente aboutissant au double de celle du parc pilotable décarboné installé, soit en 2035 : environ 150 GW d’ENRi (éolien terrestre / marin + photovoltaïque) pour environ 90 GW (nucléaire + hydraulique).

Explosion des coûts et perte de souveraineté énergétique

La théorie politique consistant à rechercher une diversification des sources par des ENRi équivaut à multiplier inutilement les coûts d’investissement du parc de production électrique, sans puissance garantie ni décarbonation supplémentaires, et donc à préparer une explosion du coût de l’électricité pour le public et l’économie.

Cette politique nécessitera l’utilisation massive d’argent public pour subventionner notamment des acteurs privés, dans un secteur de la production de l’électricité qui vient pourtant d’être étatisé.

En outre, la prise en compte des principales externalités dédiées est généralement oubliée, dont celles dites de « back-up » (portant pourtant sur plus de la moitié de la production des ENRi) et de refonte totale du réseau électrique français (lignes et postes). Les tensions géopolitiques sur les supply chains internationales, dont dépendent fortement les matériaux de cette technologie, ne font qu’ajouter aux coûts et à la perte de souveraineté énergétique.

Transfert économique de richesse vers l’étranger

Cette fuite en avant (doublement inutile du parc installé en une dizaine d’années) ne se justifie pas : le petit parc thermique fossile subsistant en France (8%) étant déjà décarboné par les premières vagues déjà présentes d’ENRi, il n’y a pas d’avantage pour le climat à en ajouter de nouvelles.

Le résultat, démontré par le RTE, est qu’aujourd’hui les flux d’électricité éolienne française sont majoritairement appelés à l’exportation pour se substituer aux centrales fossiles des pays voisins, cela en général à vil prix, les nuisances restant en France ; ces flux non maîtrisés viennent aussi perturber le fonctionnement du parc nucléaire français (vieillissement accéléré, surcoûts, sûreté).

Dans les deux cas, ceci constitue un transfert économique de richesse de la France vers l’étranger, aux dépens des Français.

Ajoutons qu’en période ventée, comme le démontre une étude de référence du AEN / OCDE, cet excédent de sources intermittentes (ENRi) au sein du mix mettra en danger la stabilité du réseau, pouvant conduire à des délestages ou à des black-out.

Des alternatives décarbonées plus performantes aux transferts d’usages vers l’électricité

L’argument mis en avant pour imposer aux Français cette croissance les ENRi est celui de la décarbonation de nouveaux usages par transfert vers l’électricité. La FED partage cette volonté de décarboner également cette large part de la production énergétique hors électricité ; seulement nous pensons que le RTE, acteur majeur du système électrique, n’est pas le mieux placé pour définir la part qui doit se faire par une conversion à l’électricité.

Plutôt que de prendre comme paramètres d’entrée des hypothèses peu raisonnables et non

démontrables de croissance de cette demande, un chemin de sagesse devrait être de chiffrer le coût des différentes options, d’adapter le rythme de l’électrification des usages à la croissance envisageable de la production électrique pilotable, la plus économique et la moins subventionnée possible, et non l’inverse.

Parallèlement, pour explorer les alternatives à l’électrification, le RTE, opérateur du système électrique, a été chargé de l’élaboration des « futurs énergétiques 2050 » ; à cet égard, on s’étonne que les scenarios de décarbonation hors électricité ne s’appuient pas davantage sur les professions de la chaleur, les industries ou les collectivités concernées pour promouvoir d’autres sources (réseaux de chaleur décarbonée collective, géothermie, pompe à chaleur)…. Notons que certaines solutions électriques doivent d’ailleurs être considérées avec prudence ; la production de chaleur et d’hydrogène par l’électricité présente les plus mauvais rendements, les hypothèses volontaristes de Véhicules Electriques en 2035 sont sans doute précipitées et peu réalistes.

En outre accroître ainsi la demande d’électrification impose d’assurer à cette nouvelle clientèle des conditions de fourniture conformes à notre qualité de confort. Le défi du caractère aléatoire, variable et intermittent des ENRi doit être levé. La nécessité de sources de back-up (généralement au gaz, notamment en GNL, qui présente une bien mauvaise empreinte carbone) doit être intégrée dans les scénarios, ce qui n’est pas le cas. L’espoir mis dans des stockages massifs d’électricité comme la foi futuriste dans un pilotage de la demande et autres outils de flexibilité doivent être revus pragmatiquement. La levée de boucliers contre l’idée d’une utilisation des compteurs Linky pour une restriction autoritaire de la demande doit faire réfléchir.

Derniers espaces libres sacrifiés – Sécurité alimentaire en question (Agriculture, Pêche) – Public acceptance – Acceptabilité des Français

« La transformation à engager dans les trois prochaines décennies est d’une ampleur comparable à celle de la première révolution industrielle » aime à souligner l’ex-ministre Agnès Pannier-Runacher dans son projet de SFEC… Si les habitants des grandes villes sont épargnés, notre association est témoin de la colère et de l’épuisement dans les campagnes face à des nuisances toujours plus insupportables, à l’atteinte à la biodiversité, au permis de tuer les espèces protégées octroyée aux promoteurs. La réalité de ces nuisances commence aussi à apparaitre à une échelle démultipliée aux riverains et usagers des côtes françaises.

Point n’est besoin d’être grand savant pour comprendre que cette « révolution » va en effet accélérer l’industrialisation des campagnes, et provoquer massivement celle de l’espace maritime côtier jusque- là grandement protégé.

Aucune étude d’impact socio-économique préalable n’a été partagée, ni même une réflexion sur les conséquences en termes de souveraineté alimentaire d’agriculture et de pêche.

Last but not least : Souveraineté, défense du territoire

La part importante des capacités de productions renouvelables intermittentes, échappera globalement au secteur public. Sans que cela soit souligné et alors qu’EDF vient de redevenir 100% public, c’est la moitié du futur parc de production installé d’électricité en 2035 qui serait ainsi privatisé (sans véritable contrôle stratégique des acteurs pour ce secteur de souveraineté nationale).

La conséquence est particulière lourde pour l’éolien offshore, véritables plateformes industrielles

implantées dans un environnement particulièrement hostile et complexe, berceau de la biodiversité de la planète.

Les 45 GW en 50 parcs éoliens qui devraient border tout le littoral français vers 2050 occuperaient la surface de plusieurs départements, concédés notamment à des sociétés étrangères. Il s’agira d’une zone à risques pour la sécurité et la défense nationale…

Les problèmes classiques de collisions, de navigation à l’intérieur des parcs éoliens, de câbles à éviter, etc… constituent un premier niveau de préoccupations. Les perturbations des radars côtiers par les pales de ces éoliennes toujours plus élevées (300 mètres attendus) constituent un autre type de menace, d’autant que la multiplication des parcs va dresser le long du littoral de vraies forêts d’éoliennes ; or qui dit forêt dit possibilité de s’y cacher, donc menace potentielle de la part d’éléments hostiles. Ces champs éoliens, les câbles de liaison et les postes électriques en mer seront des équipements d’autant plus sensibles au sabotage qu’ils constitueront une part importante du mix électrique national. Ils offriront aussi des opportunités pour les narcotrafiquants, toujours intéressés à se mettre à l’abri des regards. Outre qu’ils vont impliquer également un nouveau poste de lourdes dépenses, ces angles morts de l’éolien marin, que sont dans le présent contexte géopolitique la sécurité et la sûreté nationale, mériteraient d’être abordés

PJ : Evaluation globale de la politique énergétique suivie jusqu’à ce jour – FED – Janvier 2024

Fevrier 2024

A l’attention de MM les Ministres de l’Energie et Finances, des Armées et de l’Ecologie

EVALUATION GLOBALE DE LA POLITIQUE ENERGETIQUE SUIVIE JUSQU’A CE JOUR

FED – JANVIER 2024

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Doublement en 2035, par des ENRi, de la puissance installée du parc français, pourtant déjà décarboné, sans augmentation notable de puissance garantie ni de décarbonation

Le ralliement de trop nombreux décideurs et de leur administration à la vision de l’Energiewende plaquée en France, en dépit des spécificités de son mix énergétique, est en train de prendre une dimension vertigineuse : le projet de Stratégie française pour l’Energie et le Climat (SFEC 2023, page 19) propose, d’ici à 2035, de développer une capacité électrique intermittente aboutissant au double de celle du parc pilotable décarboné installé, soit en 2035 : environ 150 GW d’ENRi (éolien terrestre / marin + photovoltaïque) pour environ 90 GW (nucléaire + hydraulique).

Explosion des coûts et perte de souveraineté énergétique

La théorie politique consistant à rechercher une diversification des sources par des ENRi équivaut à multiplier inutilement les coûts d’investissement du parc de production électrique, sans puissance garantie ni décarbonation supplémentaires, et donc à préparer une explosion du coût de l’électricité pour le public et l’économie.

Cette politique nécessitera l’utilisation massive d’argent public pour subventionner notamment des acteurs privés, dans un secteur de la production de l’électricité qui vient pourtant d’être étatisé.

En outre, la prise en compte des principales externalités dédiées est généralement oubliée, dont celles dites de « back-up » (portant pourtant sur plus de la moitié de la production des ENRi) et de refonte totale du réseau électrique français (lignes et postes). Les tensions géopolitiques sur les supply chains internationales, dont dépendent fortement les matériaux de cette technologie, ne font qu’ajouter aux coûts et à la perte de souveraineté énergétique.

Transfert économique de richesse vers l’étranger

Cette fuite en avant (doublement inutile du parc installé en une dizaine d’années) ne se justifie pas : le petit parc thermique fossile subsistant en France (8%) étant déjà décarboné par les premières vagues déjà présentes d’ENRi, il n’y a pas d’avantage pour le climat à en ajouter de nouvelles.

Le résultat, démontré par le RTE, est qu’aujourd’hui les flux d’électricité éolienne française sont majoritairement appelés à l’exportation pour se substituer aux centrales fossiles des pays voisins, cela en général à vil prix, les nuisances restant en France ; ces flux non maîtrisés viennent aussi perturber le fonctionnement du parc nucléaire français (vieillissement accéléré, surcoûts, sûreté).

Dans les deux cas, ceci constitue un transfert économique de richesse de la France vers l’étranger, aux dépens des Français.

Ajoutons qu’en période ventée, comme le démontre une étude de référence du AEN / OCDE, cet excédent de sources intermittentes (ENRi) au sein du mix mettra en danger la stabilité du réseau, pouvant conduire à des délestages ou à des black-out.

Des alternatives décarbonées plus performantes aux transferts d’usages vers l’électricité

L’argument mis en avant pour imposer aux Français cette croissance les ENRi est celui de la décarbonation de nouveaux usages par transfert vers l’électricité. La FED partage cette volonté de décarboner également cette large part de la production énergétique hors électricité ; seulement nous pensons que le RTE, acteur majeur du système électrique, n’est pas le mieux placé pour définir la part qui doit se faire par une conversion à l’électricité.

Plutôt que de prendre comme paramètres d’entrée des hypothèses peu raisonnables et non

démontrables de croissance de cette demande, un chemin de sagesse devrait être de chiffrer le coût des différentes options, d’adapter le rythme de l’électrification des usages à la croissance envisageable de la production électrique pilotable, la plus économique et la moins subventionnée possible, et non l’inverse.

Parallèlement, pour explorer les alternatives à l’électrification, le RTE, opérateur du système électrique, a été chargé de l’élaboration des « futurs énergétiques 2050 » ; à cet égard, on s’étonne que les scenarios de décarbonation hors électricité ne s’appuient pas davantage sur les professions de la chaleur, les industries ou les collectivités concernées pour promouvoir d’autres sources (réseaux de chaleur décarbonée collective, géothermie, pompe à chaleur)…. Notons que certaines solutions électriques doivent d’ailleurs être considérées avec prudence ; la production de chaleur et d’hydrogène par l’électricité présente les plus mauvais rendements, les hypothèses volontaristes de Véhicules Electriques en 2035 sont sans doute précipitées et peu réalistes.

En outre accroître ainsi la demande d’électrification impose d’assurer à cette nouvelle clientèle des conditions de fourniture conformes à notre qualité de confort. Le défi du caractère aléatoire, variable et intermittent des ENRi doit être levé. La nécessité de sources de back-up (généralement au gaz, notamment en GNL, qui présente une bien mauvaise empreinte carbone) doit être intégrée dans les scénarios, ce qui n’est pas le cas. L’espoir mis dans des stockages massifs d’électricité comme la foi futuriste dans un pilotage de la demande et autres outils de flexibilité doivent être revus pragmatiquement. La levée de boucliers contre l’idée d’une utilisation des compteurs Linky pour une restriction autoritaire de la demande doit faire réfléchir.

Derniers espaces libres sacrifiés – Sécurité alimentaire en question (Agriculture, Pêche) – Public acceptance – Acceptabilité des Français

« La transformation à engager dans les trois prochaines décennies est d’une ampleur comparable à celle de la première révolution industrielle » aime à souligner l’ex-ministre Agnès Pannier-Runacher dans son projet de SFEC… Si les habitants des grandes villes sont épargnés, notre association est témoin de la colère et de l’épuisement dans les campagnes face à des nuisances toujours plus insupportables, à l’atteinte à la biodiversité, au permis de tuer les espèces protégées octroyée aux promoteurs. La réalité de ces nuisances commence aussi à apparaitre à une échelle démultipliée aux riverains et usagers des côtes françaises.

Point n’est besoin d’être grand savant pour comprendre que cette « révolution » va en effet accélérer l’industrialisation des campagnes, et provoquer massivement celle de l’espace maritime côtier jusque- là grandement protégé.

Aucune étude d’impact socio-économique préalable n’a été partagée, ni même une réflexion sur les conséquences en termes de souveraineté alimentaire d’agriculture et de pêche.

Last but not least : Souveraineté, défense du territoire

La part importante des capacités de productions renouvelables intermittentes, échappera globalement au secteur public. Sans que cela soit souligné et alors qu’EDF vient de redevenir 100% public, c’est la moitié du futur parc de production installé d’électricité en 2035 qui serait ainsi privatisé (sans véritable contrôle stratégique des acteurs pour ce secteur de souveraineté nationale).

La conséquence est particulière lourde pour l’éolien offshore, véritables plateformes industrielles

implantées dans un environnement particulièrement hostile et complexe, berceau de la biodiversité de la planète.

Les 45 GW en 50 parcs éoliens qui devraient border tout le littoral français vers 2050 occuperaient la surface de plusieurs départements, concédés notamment à des sociétés étrangères. Il s’agira d’une zone à risques pour la sécurité et la défense nationale…

Les problèmes classiques de collisions, de navigation à l’intérieur des parcs éoliens, de câbles à éviter, etc… constituent un premier niveau de préoccupations. Les perturbations des radars côtiers par les pales de ces éoliennes toujours plus élevées (300 mètres attendus) constituent un autre type de menace, d’autant que la multiplication des parcs va dresser le long du littoral de vraies forêts d’éoliennes ; or qui dit forêt dit possibilité de s’y cacher, donc menace potentielle de la part d’éléments hostiles. Ces champs éoliens, les câbles de liaison et les postes électriques en mer seront des équipements d’autant plus sensibles au sabotage qu’ils constitueront une part importante du mix électrique national. Ils offriront aussi des opportunités pour les narcotrafiquants, toujours intéressés à se mettre à l’abri des regards. Outre qu’ils vont impliquer également un nouveau poste de lourdes dépenses, ces angles morts de l’éolien marin, que sont dans le présent contexte géopolitique la sécurité et la sûreté nationale, mériteraient d’être abordés en amont des décisions

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